Archétype. Symbole. Représentation. Image. Allusion. Effigie. Emblème. Figure.

Tout autant de mots, liés entre eux, étroitement liés même. Presque synonymes. Et pourtant chacun possède sa nuance, sa particularité. Aucune ne lui convient. Il est tellement unique que seul un mot de la même trempe pourrait se risquer à le défifnir. Il est tout ça à la fois mais il ne s'en contente pas. Il ne représente pas seulement son monde. Il ne symbolise pas exclusivement son style. Il est tout et rien. Humain aliéné. Coupable idolâtré. Leur Dieu atteri sur Terre. Leur pire cauchemar pour les délivrer ...


THE ICON.


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Elles m'ont transportée, me transportent et me transporteront sûrement encore ...
Attirances-th______Electrise-moi______Th-fiction-xx______Lonely-Angie


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# Posté le mardi 07 avril 2009 08:49

Modifié le jeudi 03 septembre 2009 04:41

Chapitre I

Sa main tremblait. Ses doigts se crispaient au fur et à mesure autour de son outil de travail, plus sûr du tout de ses actes. Comment fallait-il s'y prendre ? Il se souvenait parfaitement avoir voué sa vie entière à cette pratique, mais comment agissait-il ? Il croyait que ç'aurait été plus évident. Cela le lui semblait tellement. Assis face à elle, la fusiller du regard et attendre, un rictus malsain au bout des lèvres, que l'adrénaline prenne le dessus et qu'il se déverse de son plaisir morbide. Toutefois, aucune montée ne s'emparait de son corps. Rien, le néant. Peut-être juste ce semblant de force qui agitait maintenant son avant-bras. Il angoissait. Était-ce cela, être impuissant ? Il refusait de se croire tomber si bas. Pour s'en persuader, il se pencha vers elle, et le frotta tout contre elle, juste de haut en bas, une ligne bien tracée. Tracée, c'était le mot. Satisfait, il reserra sa prise et observa la trainée qu'il venait de laisser sur sa peau blanche. Ce détail, au moins, ne lui ferait pas défaut. Ca coulait, et en abondance. Il cherchait en lui toute forme d'instinct, d'inspiration. Qu'elle soit divine ou diabolique, ça lui était fort égal. Ils seraient de toute façon satisfaits. Elles, devrais-je plutôt dire. Oui, elles sont majoritairement féminines et même si le masculin l'emporte généralement et grammaticalement parlant, dans une telle pluralité, j'imagine que nous nous devons de conserver leur sexe. Rien qu'à leur pensée, il frémit. Il se demanda encore pourquoi il travaillait pour elles, pourquoi il leur obéissait encore si aveuglément. Il parait que ça le soulageait et qu'il était né dans ce but précis, que c'était en quelque sorte un don de Dieu. Une volonté d'en-haut. Son talent personnel. Mais à quoi bon s'il ne s'en souvenait même pas ? Il reconcentra son attention sur ce petit point qui l'obsèdait. Ne pas penser à elles, ne pas y penser. Il fixa cette surface lisse. Si pâle. Trop pâle à son goût. Il aurait aimé la peinturlurer sur toute sa longueur, lui donner des couleurs qu'elle n'avait jamais connues ou même pu imaginer, mais il savait qu'elles ne l'accepteraient pas, alors il se maitrisa. Se concentra. Il sentit que ses yeux se croisaient lentement, que sa vision se troublait. Il loucha assurément. A trop fixer, voilà ce qui arrivait inévitablement, il louchait. Il resta ainsi immobile plusieurs minutes, perdu dans l'absence de mots, d'idées, de banale pensée. Inerte.

- Fini ? Hurla-t-il dans son dos.

Il l'avait oublié, complètement zappé de son esprit. Comme si sa mission ne suffisait pas, il fallait être surveillé. Chaque pas devait être approuvé. Or, il n'en avait encore effectué aucun. En silence, il attendait la sentence. Il sentait qu'elle allait tomber mais n'osait évidemment pas se retourner pour en connaitre la nature. Il patientait juste. Il le saurait bien assez tôt, se disait-il. Et peut-être que la solution s'écroulerait entre ses mains, d'un coup, alors que son bourreau potentiel s'approcherait et jugerait de l'avancée de sa tâche. Peut-être, il n'en savait encore rien. Il ferma les paupières, espérant, alors qu'il percevait au loin les rangers claquer au sol d'une cadence décidée. Il avait une sainte horreur de ses bottines. Il aurait eu les moyens et l'audace, il lui aurait acheté des ballerines. Mais il avait toujours craint sa réaction, il aurait été capable de toutes les atrocités, il en était certain. C'est pourquoi il s'était toujours abstenu. Pourtant ... Tout chez cet homme lui faisait penser à une demoiselle. Sa fine silhouette élancée qui ne laissait jamais transparaitre les monstruosités dont il était capable, sa crinière aussi longue que sombre qui dissimulait suggestivement son visage aux traits plus fins les uns que les autres. Poupée de porcelaine. Et ses mains ... Tout en grandeur et surdimensions. Ses mains ... Elles étaient là, face à lui. Un doigt pointait son travail inachevé. Même pas entamé, plus exactement.

- Elle ne te plait pas, ou quoi ?! Elle n'est pas assez bien pour toi ?!

Instantanément, ses yeux doublèrent de volume et il entreprit un mouvement de balancier apaisant. De cette manière, il se sentait invincible. Il était aux aguets, et personne ne saurait jamais être assez rapide pour lui nuire. Jamais. Jamais. Jamais ... Il le devinait toujours en train de l'engueuler, mais il n'entendait plus rien. Il imaginait ses lèvres bouger à un rythme effréné, mais il ne les voyait plus. Jamais. Plus. Lentement, dans son monde, il reprenait le contrôle. Son sang coulait à nouveau à peu près normalement dans ses veines. Il percevait à nouveau, petit à petit.

- C'est tout de même pas compliqué ?
- Fais-le toi, alors. Pourquoi vous avez besoin de moi ?

Il s'arrêta brusquement dans son élan. Il avait osé lui tenir tête. Il rentra les épaules dans un minable espoir de protection et guetta le coup. Mais rien ne vint. Seul le grincement d'un tabouret que l'on glisse maladroitement sur les lattes de l'antique plancher. Bill s'était assis à ses côtés et l'observait d'un air misérable. Comme s'il était son égal. Il ne comprenait pas. Il avait enfreint leur accord. Il n'avait rien trouvé, il ne savait plus. Et, en plus de cela, il avait protesté. Pourquoi n'était-il pas puni ? Il rouvrit prudemment les yeux et redressa la tête. Il fixa d'abord quelques instants ce point plus vierge encore qu'à la minute précédente et se décida enfin à affronter son regard pénétrant. Il n'avait plus cet aspect effrayant qu'il lui avait attribué lorsque les rangers avaient piétiné les irrégularités du sol. Non. À présent, il affichait une expression encourageante, voire même compatissante. Il inspira profondément, cherchant ses mots pour ne pas heurter son interlocuteur frustré.

- Tu ne t'en rappelles pas, hein ?

Bill attendit une réponse qui ne vint jamais. Se rappeler de quoi ? Il jeta un bref coup d'oeil à la table face à eux et soupira.

- Apparemment non. Donne-moi ça, je vais te montrer.

Il tendit progressivement le bras vers son outil. Son outil, son outil. Il ne voulait pas le lui donner, c'était le sien. On ne touche pas l'outil des autres.

- Charlie ... Ne t'inquiète pas. Donne-le moi.

Non. À personne. On ne donne pas.

- Charlie ! Ce n'est qu'un stylo, tu sais.

Charlie sembla subitement prendre conscience de la présence de Bill. Il sursauta et observa l'objet qu'il tenait fermement dans sa main droite. C'est vrai que ça ressemblait étrangement à un stylo. Assurément, ce n'était pas une pomme. Charlie le scruta sous toutes les coupes. Il était bleu avec des reflets verts, un peu comme une eau plus très fraîche qui s'écoulerait en direction de l'océan. Il possédait un capuchon en son bout, assez élégant d'ailleurs, arrondi pour éviter de blesser. Et puis à son autre extrémité, cette flèche inoffensive s'apprêtait à laisser s'échapper ce liquide noir, ce pétrole des mots. Un bel engin.

- Il ne risque rien. Je ne pars pas avec. Je te le rends tout de suite. Je te montre juste comment tu dois faire. D'accord ?

D'un geste hésitant, Charlie céda tout de même son trésor au monsieur. Sa main tremblait toujours autant. Il ignorait si c'était de peur, de frustration ou d'incertitude, mais il tremblait bel et bien tendant le stylo au-dessus de sa tête. Bill posa une main rassurante dessus et saisit de l'autre l'objet. Il attendit que Charlie se soit calmé avant de continuer. Une fois que cela fut le cas, il positionna ses doigts autour du stylo et s'approcha de la feuille. Il y inscrit quelques mots, juste pour l'exemple. Il s'empressa de les gribouiller pour ne pas perturber l'imagination de Charlie.

- Tu veux un thème ou une phrase de départ, peut-être ?
- Oui.
- S'il te plait ...
- Oui, s'il te plait.
- Très bien. Laisse-moi y réfléchir un instant.

Il suçota pensivement le stylo, les yeux vers le ciel en quête d'inspiration, sous le regard dur de Charlie. Il ne mit pas longtemps à trouver.

- Eurêca !

Il se pencha à nouveau sur le papier et y écrit cette fois-ci : « C'est fini ». Ces mots eurent l'effet d'une véritable bombe sur Charlie. Il comprit enfin ce qu'il devait faire. Il s'empressa de récupérer le stylo des mains de Bill et se mit au travail. Il gratta sur le papier des heures durant.


*


Le vacarme de l'aube lui rendit conscience peu à peu. Autour de lui, les divers domestiques s'affairaient à la tâche. Tout restait encore à faire. Une nouvelle et longue journée commençait. Il en était de même pour Charlie. Malgré cela, il se complaisait à se prélasser, complètement affalé sur cette table de bois qui lui avait si souvent servi de lit. Il ne bougerait pas le moindre petit doigt avant que quelqu'un ne lui en donne formellement l'ordre. Or, cela ne risquait pas d'arriver de si tôt. Si Charlie était tout sauf effrayant, personne n'osait le déranger le matin. Tant sa mine trahissait les nuits de maigre repos qu'il s'octroyait, personne ne souhaitait provoquer ce réveil si pénible. D'effroyables cernes creusaient son visage déjà pourtant si ravagé par sa nonchalance. Contrairement à ses amis, il ne se souciait absolument pas de son apparence. Pourquoi l'aurait-il fait? Personne, à part eux, ne venait le voir. Personne.

- J'y crois pas. Il l'a vraiment fait ?

Tiens. C'est bien connu, quand on parle du loup, on en voit la queue. Charlie avait reconnu le ton légendairement guilleret de Georg. Lui et deux autres personnes approchèrent de la table et s'y installèrent, en pleine conversation. Charlie ne tenta pas une seule seconde de percevoir le sujet de leurs commérages, il était bien trop impatient que l'un d'eux ne lui tapote l'épaule et l'invite à participer à la discussion. Trois ... Deux ... Un ... Raté. Il ne fallait tout de même pas aller trop vite. Il laissa le temps s'écouler, imagina les gestes de l'un, de l'autre et recommenca. Deux ... Un. Toujours rien. Il fronça des sourcils mais ne dit mot. Trois ... Deux, un. Les garçons continuaient inlassablement de parler entre eux, excités à tel point que Charlie leur était invisible. Il ne bougea pas pour autant. Un réveil, ça se méritait, il attendrait tout le temps nécessaire pour qu'il lui demande, le supplie même qu'il participe à leur réunion matinale. Il se concentra sur tous les mouvements autour de lui susceptibles de lui être adressés. Mais rien. Les potins devaient être inédits ce jour-là. Progressivement, des fourmis envahirent ses ongles. Puis ses doigts, ses mains. Enfin son bras, jusqu'au coude. Il ne tenait plus. Il détestait ça, les fourmis qui lui engourdissaient les membres. Il les imaginait à ramper contre sa peau lisse et imberbe et son corps tout entier se mettait à frissonner. Excédé, il abandonna et releva la tête de lui-même sans que personne ne l'exige. Sous la seule volonté de ces animaux. Il fallait qu'elles partent. Secoue, secoue ! Charlie tendit le bras droit devant lui, l'étira au possible et l'agita dans tous les sens comme si une larve gluante s'y collait. Il ramena ses doigts devant son visage, les examina et s'aperçut que les fourmis les chatouillaient toujours drôlement alors il réitéra le geste. Tendre, étirer, secouer. Encore. Si Charlie s'agitait comme une foule de trente personnes en colère, son intervention avait fait régner le silence à nouveau dans la pièce. Tous l'observaient.

- T'es réveillé, toi ?

Il se stoppa net. À présent qu'il donnait signe de vie, les gens s'inquiétaient. Ne devrait-ce pas être le contraire ? Quand quelqu'un fait le mort, on vérifie qu'il est vivant. S'il bouge, cela n'a plus aucun intérêt ... Du moins, c'est ce que croyait Charlie.

- Tu vois bien. Je bouge, affirma Charlie, déconcerté face au manque d'observation de Georg.
- Je vois bien. Mais tu remues pas mal aussi dans ton sommeil, tu sais, pouffa le garçon.

Charlie accepta cette explication d'un air dubitatif. Il rabattit vivement ses bras le long de son corps et jaugea attentivement les trois garçons attablés. Aucun ne laissa transparaitre quoique ce soit sur ce qu'ils venaient de se dire. Pas même Gustav qui, d'habitude, arborait une bouille si expressive. Pas même lui. Charlie soupira.

- Alors, vous disiez quoi ?
- T'avais pas dit l'autre fois que t'avais des oreilles ouvertes même pendant ton sommeil ? le taquina un peu Bill.
- Si, mais ...
- Mais quoi ? s'enquirent les trois autres.
- Mais je dormais trop fort, voilà. Alors, c'était quoi ?

Bill, Georg et Gustav levèrent les yeux au ciel. Personne ne changerait jamais Charlie, et sûrement pas sa curiosité. C'est alors que Bill se dévoua à répéter l'histoire depuis le début. Comment il avait lancé un pari à Tom de raser ses dreads juste avant le photoshoot de leur nouvel opus. Comment, vexé par cette appellation de Papy-retraité-qui-ne-se-renouvelle-jamais, il s'était pressé chez le coiffeur.

- Et ... plus rien, s'esclaffa Bill. Le con, il croyait que je déconnais pas.
- Vraiment trop susceptible, affirma Gustav tout en mâchant ses cornflakes.
- Et les fans ? Il a bien du en croiser depuis ... Avec toutes celles qui rôdent autour du studio !
- Tu penses. Y'en a l'une ou l'autre qui s'est même évanouie mais -
- C'est pas nouveau ça. Elles le font tout le temps, soupira Gustav.
- Elles sont fans, admit Bill, déçu.

Même défiguré, Charlie était sûr que Tom plairait toujours. C'était Tom. Pourtant, qu'avait-il de plus que lui ? Il avait un jumeau et jouait de la guitare. Mais Charlie avait l'écriture dans le sang, et les Tokio Hotel.



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Aparté :

Et bien voilà un premier chapitre pour le peu scabreux. Il ne ressemble pas à grand chose, mais c'est un effet désiré aussi, en quelque sorte. Du moins, si ça vous a 'choqué', j'en suis navrée mais c'était inévitable. Si au contraire vous n'avez rien remarqué, tant mieux pour vous. ;-)
N'hésitez pas à me donner vos avis, que ce soit à propos de l'histoire en elle-même, de la façon de la comter, ou que sais-je. Que vos critiques soient positives, négatives ou nuancées, je suis preneuse !

# Posté le mardi 07 avril 2009 09:56

Modifié le lundi 27 avril 2009 14:16